PARIS PHOTO

07 NOVEMBRE 2019 - 10 NOVEMBRE 2019

 

Nicola LO CALZO

 

Mémoires et persistances de l’esclavage colonial : une enquête photographique 2010-2020

 

De quelle manière fut organisé le consensus politique social et moral autour de l’esclavage des Africains pendant quatre siècles et comment il a été possible d’occulter ce passé de la mémoire collective de l’Occident, même jusque dans les manuels scolaires ?

 

Si les mémoires de l’esclavage, écartées par les rails de l’histoire officielle, ont survécu, jusqu’à nos jours, sous quelles formes, dans quelles pratiques et quels lieux? Dans quelle mesure, ces mémoires, refoulées par les uns, préservées par les autres, définissent nos relations au quotidien, notre perception de l’autre et la place de chacun dans la société ?

« Cham » documente l’héritage de la traite négrière et de l’esclavage occidental des Africains dans le monde atlantique au XXIe siècle pour le patrimoine immatériel encore existant, c’est à dire les diverses manifestations des mémoires de l’esclavage colonial, des résistances à celui-ci, de ses abolitions.

 

La genèse du projet Cham s’inscrit fondamentalement dans un questionnement personnel sur l’identité. Qu’est-ce que l’autre ? Comment est-il fabriqué, par qui, et par quel système ? Ce travail photographique s’est peu à peu construit spontanément autour des minorités, leurs combats, leurs négociations et leurs stratégies pour exister face à un système dominant.

 

Devant cette amnésie généralisée, les mémoires de l’esclavage portées par les Afro-descendants constituent un véritable moyen d’être au monde et de résister face à un système qui prétend encore les dénier ou les minimiser. D’où, leur valeur éminemment politique.

 

Cham est avant tout un voyage à travers une nouvelle géographie de la mémoire et du monde, qui souhaite « déplacer les centres » et éveiller les consciences sur des savoirs et des pratiques à la marge de ces peuples dépositaires et leur incessante circulation par-delà l’Atlantique.